Jean-Loup Castera : « Mon seul credo, aider les entreprises
à se développer »

Il dirige la « Maison des entreprises » depuis 7ans. Rencontre avec Jean-Loup Castera, un des principaux acteurs du soutien et de l’accompagnement aux entreprises

Propos recueillis par Jérôme TICHIT

Concrètement, quelles actions menez-vous en faveur du développement des entreprises ?

Nous sommes clairement dans une logique de conseils et de mise en relations. En 2014, nous avons conduit une action majeure : le marché national étant atone, il convient de gagner des parts de marché à l’international; nous avons monté un cycle de conférences didactique.
Les 6 conférences de ce cycle ont connu un vif succès; chacune a attiré plus de 50 chefs d’entreprises, puisque tournées vers des conseils pratiques et des débats très enrichissants.

Je tiens ici à remercier les personnalités de premier plan qui sont intervenues, dont : Claude Revel, Déléguée Interministérielle à l’Intelligence Economique, Anne Guérin, Directrice régionale IDF Ouest de la BPI, le député –ancien Ministre, Alain Lamassoure, Conseil ou l’eurodéputé Alain Lamassoure, le Général Pierre-Jacques Costedoat, Fromont de Bouialle représentant la Codace,

Une fois les conférences terminées, y a-t-il un suivi ?

Nous avons créé une cellule opérationnelle de service à l’export : cellule.dev-inter@la-maison-des-entreprises.fr . Elle nous permet d’approfondir, avec ceux qui le souhaitent, les points évoqués lors des conférences.
Plus globalement, nous soutenons nos adhérents dans la réalisation de leur projet et de leur développement à l’international.

Exemple ?
Il est trop tôt pour faire un bilan de l’expérience en cours; cependant, les premiers résultats sont particulièrement intéressants; je pense notamment à deux cas : l’un, avec une problématique de douane au port d’Abidjan, l’autre, avec une problématique de contrefaçon en Chine. Nous ferons un bilan en janvier 2015.

Un autre cycle de conférences est-il en préparation ?

Pour être toujours concret et en phase avec les besoins et les préoccupations des chefs d’entreprises, un prochain cycle est prévu sur le thème du financement des PME.
Ce cycle permettra d’aborder tout le spectre du financement : court terme, moyen terme, long terme, amorçage, développement, investissement. Cette question est centrale dans les préoccupations des chefs d’entreprises.

A quelles entreprises vous adressez-vous ?

Nous sommes « PME centrés », c’est là notre vocation. Avec une spécificité cependant : la présence en notre sein de grands groupes qui ont à cœur leur responsabilité sociale et environnementale; ils savent ne pas pouvoir se développer dans un environnement isolé. Leur esprit de solidarité à l’égard du devenir du territoire est vital : nous leur en savons gré !

Quel bilan dressez-vous de vos premières années à la tête de la Maison des entreprises ?

Ma prise de fonction commence avec l’émergence de la crise financière de 2008, dévastatrice au niveau économique et social. Il a fallu réagir dans l’urgence afin de soutenir les PME. Pour éviter la casse sociale, il fallait favoriser le développement des entreprises, susciter des vocations, apporter des conseils, être à l’écoute pour répondre à ces besoins et aussi, faire du lobbying au niveau local afin de faire remonter les préoccupations des entrepreneurs aux élus. Je ne suis pas celui qui parle le mieux de mon bilan, toutefois, nous avons, par nos actions, sauvé des emplois, permis d’en créer et favorisé le développement d’entreprises et surtout, La Maison des Entreprises est devenue un guichet unique au service du chef d’entreprise; au même endroit,

Il trouve la réponse à son problème qu’il soit financier, fiscal, social, juridique, relations avec les administrations, ou autre.

Fin 2013 la Maison des Entreprises s’est rapprochée du Réseau Entreprendre 92 . Quel était le but de ce rapprochement ?

Avec nos amis du Réseau Entreprendre 92, nous avons des valeurs et des objectifs communs.

C’est tout naturellement que nous nous sommes rapprochés et le Réseau Entreprendre 92 a ainsi rejoint La Maison des Entreprises dans ses locaux à Puteaux.

L’un des atouts majeurs de ce rapprochement est qu’il nous permet de toucher une nouvelle cible, celle des créateurs et repreneurs d’entreprises.
Ensemble, nous sommes plus forts pour favoriser l’entreprenariat dans les Hauts-de-Seine.

La Maison des Entreprises est installée depuis 1985 à Puteaux. Votre champ d’intervention est-il limité à cette commune ?

Historiquement, c’est vrai, nous sommes très liés à la ville de Puteaux, mais notre zone d’intervention couvre l’ensemble du territoire des Hauts de Seine.
Je tiens ici à rendre hommage à Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, qui a véritablement à cœur d’organiser un écosystème au sein duquel les entreprises puissent s’installer et se développer :

c’est pour nous une chance d’avoir un soutien de cette nature.
Mme Ceccaldi-Raynaud, en tant que femme politique, a compris que l’Entreprise est la clé de voûte de l’économie qui permet de faire du social.

Votre nom est associé au Medef Hauts de Seine . Est-ce toujours le cas, et que pensez-vous des premiers mois de Pierre Gattaz à la tête du patronat français ?

D’abord une précision, la « Maison des Entreprises » est une structure indépendante du Medef Hauts de Seine. Elle est issue de la plus vielle Association patronale de France : créée en 1918 avec pour vocation de réunir, sans exclusive, tous les acteurs de l’économie et de l’emploi. Aujourd’hui encore elle compte parmi ses membres des chefs d’entreprises qui viennent de tous horizons : côté patronal, Medef, Cgpme, Upa…, côté salarial, Cgt, Cfdt, Fo.. Et demeure ouverte aux acteurs de l’économie solidaire.

Concernant Pierre Gattaz: c’est un réformateur résolu, qui pose les vraies questions pour permettre, malgré la levée de boucliers actuelle, de faire sauter les verrous qui plombent la compétitivité des entreprises. Il « mouille le maillot » dans un contexte difficile et un environnement complexe au sein du Medef. Le mouvement patronal en France est traversé par des courants divers. Entre autres, il y a un vrai débat entre les tenants d’une idéologie qui consiste à tout centraliser vers le haut et certains –dont nous sommes- qui pensent qu’il ne peut y avoir de représentativité qu’au plus près des acteurs du terrain et que le niveau local est l’échelon fondamental en la matière.

Pour mémoire, nous sommes à l’origine de la création de la Médecine du Travail et nos pères fondateurs comptent parmi eux les créateurs du CNPF.

Lors de l’université d’été du Medef, le Premier ministre Manuel Valls a fait sensation dans son camp en déclarant « J’aime l’entreprise ». Qu’en avez-vous pensé ?

Ce qui me surprend le plus est que l’on soit surpris ! Car le Premier Ministre n’a fait qu’énoncer une évidence. L’économie est une question de confiance. Aimer les entreprises, leur faire confiance c’est les encourager à aller de l’avant. Il ne saurait y avoir défiance entre le chef du gouvernement et les créateurs de valeurs qui permettent une redistribution équitable entre les parties prenantes.

De ce point de vue, le Premier Ministre a raison de pousser ce cri du cœur : pour que la France aille de l’avant, il faut que le poumon de son économie, les Entreprises, soit reconnu comme tel.